3ème Jour – 5 octobre
9h départ pour le Serengeti.
Histoire de boulon perdu sur la voiture. Arrêt forcé à un village : Karatu.
Ballade dans le marché. J’aime les couleurs, les odeurs, les rencontres fugaces par un regard croisé, un geste, un salut. Pendant qu’on roule je prends des photos par la fenêtre. Je suis admirative de ses femmes qui portent paniers, bouteilles ou autres objets à même le crâne. Nous croisons souvent des hommes tirant une grosse brouette, ou à vélo portant des bidons d’eau. Sur la route, quelques maisons d’ici et là, souvent rien, juste la cambrousse, et puis de temps en temps un garçon, un homme, une fille, une femme sur le bord de la route. Je m’interroge sur sa vie, que fait-il, qu’attend-il, a-t-il une famille, des amis ? De quoi vit-il ? Je voudrais m’asseoir avec lui, je voudrais rencontrer cette personne qui semble si loin de ma vie en France.
Avant le Serengeti, on entre dans le parc N’gorongoro. Comme la veille, Abdala s’arrête à l’entrée bien gardée et règle les papiers nécessaires.
On monte, beaucoup de verdure. A 3000 mètres d’altitude, il fait plutôt frais, d’un côté la vallée, de l’autre, en bas on a vue sur la caldera : le cratère du N’gorongoro. Superbe.
En haut du cratère, beaucoup de verdure
A la descente, vers le Serengeti, beaucoup d'aridité, décalage saisissant.
On descend, on croise des villages massaï. environ 4 heures de voiture sur piste cabossée-trouée. On roule beaucoup, longtemps. Poussière et secousses de la piste. Autour de nous, immensité aride. Petit à petit on retrouve la végétation et la faune qui va avec : girafes, zèbres, gazelles, oiseaux, félins, buffles, damalisques, etc…
On peut parcourir des kilomètres sans rien croiser et pis au détour d’un arbre, d’une touffe d’herbe, d’un coin d’eau, d’un kopje (résurgence de lave qui forme des rochers au milieu de la savane), vous avez l’incroyable surprise d’être à côté d’un groupe d’animaux. Nous sommes chez eux et sans cette voiture nous serions rien. La savane est une aventure merveilleuse.
Notre premier léopard ! Nous avons de la chance, c’est assez rare de pouvoir en voir un . Perché sur un arbre, il se prélasse, il en a vraiment rien à cirer de nous. Sa robe tachetée est superbe.
Fin de journée, Seronera Lodge. L’hôtel en hauteur, construit dans la roche, autour de nous, le Serengeti.
Lézards Margouillat (rouge et bleu pour les mâles), mangoustes, rongeurs et singes sont des nôtres. Autour de nous, des gazelles de Grant. Notre chambre donne sur la faune et la flore du parc, c’est superbe.
Depuis le début de notre safari, il y a une recrudescence étrange d’Hemingway.
En senior, on le voit souvent sur des photos comme un homme assez grand, assez costaud avec un bon petit bidon. Connu comme écrivain mais aussi comme grand explorateur autour du monde, lorsqu’il a été en Afrique il avait ce look façon « safari-sahara » : chapeau aux grands bords, chemise beige ou kaki avec des poches de partout, pantalon beige ou kaki avec des poches de partout et de grosses chaussures de rando. En explorateur et à l’époque c’est plutôt compréhensif, en clone-touriste c’est plutôt amusant. Franchement on peut faire un safari en tongs-tee-shirt-short-bob sans poser aucun souci. Vous ne sortez jamais du 4x4 et l’hôtel présente tout le confort européen… enfin même anglais (porridge et gelée immonde inclus !).
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