4ème Jour – 6 octobre
Réveil magique.
A quelques mètres de notre chambre, des gazelles broutent et deux girafes foulent tranquillement les herbes et passent leur chemin. Nous nous levons avec le soleil, la lumière est magnifique, il fait frais.
Les singes ne sont pas farouches, sur la rambarde d’un bâtiment à côté, quelques singes grimpent et guettent l’ouverture d’une fenêtre de chambre. D’ailleurs une est ouverte, aubaine pour ce chenapan ! Mais il a eu vite fait de se faire chasser par ses occupants.
Comme hier, en route pour une nouvelle aventure dans le Serengeti !
Nous longeons la rivière Seronera et découvrons une faune riche. C’est magnifique et tellement paisible. La végétation aux abords de l’eau est riche.
Abdala a l’œil aguerri mais je suis la première à voir un crocodile
A la recherche des félins. Plusieurs 4x4 au loin, on les rejoint mais on voit 4 lionnes assez loin… nous continuons notre quête jusqu’à la récompense.
Nous retournons au point d’eau de hier, là, se prélassent 4 lions : un mâle et trois femelles.
Ils sont à 4 mètres de la voiture. Nous assistons même à un coït ! Juma appelle ça « le mariage ». Une lionne observe un troupeau de zèbres et gazelles situés quelques mètres plus loin, elle a un regard intense, de tueuse, Nous sommes fascinés. La crinière du mâle est magnifique, il est si majestueux et… feignant ! Nous restons longtemps à les observer.
Les zèbres et gazelles hésitent pour rejoindre le point d’eau, la chaleur arrive et ils aimeraient boire, mais leur extrême méfiance envers les quatre prédateurs, ainsi que l’allée et venue incessante des 4x4 les en empêchent, ils sont bien trop craintifs pour s’approcher de nous.
Longue pause après le déjeuner. Retour à l’hôtel. Il fait une chaleur écrasante.
Re-départ à 16h, c’est le moment de la journée, avec le matin tôt, idéal pour rencontrer des animaux. Il n’y aura que deux heures de safari… mais quelles heures !!
Tapie au sol, elle se confond avec la couleur de la savane. La lionne attend. Elle est à l’affût. Une vingtaine de mètres plus loin, des gazelles de Thomson broutent avec leur air si innocent.
La lionne avance d’un pas puis se recouche. L’attente est extrêmement longue. Elle avance lentement, par à-coups, tassée. Le vent est en sa faveur, il vient vers les gazelles qui ne peuvent sentir leur prédateur. La tension est palpable. Trois ou quatre 4x4 partent, les gazelles s’éloignent, comme si la partie était terminée.
Nous attendons encore, Nous demandons à Abdala de démarrer, il avance un peu, mais Juma nous conseille d’attendre encore, alors nous restons. D’un coup la lionne s’élance vers les gazelles, elle attaque ! Mais ces proies sont bien trop rapides et prennent la fuite. La lionne s’assoit pattes écartées, ça lui donne une allure de dépit. La vie africaine est dure pour les animaux et les humains. Nous prenons conscience de la dimension survie qui règne ici où se mêlent beauté et cruauté.
Nous repartons plus loin, un spectacle attendrissant s’offre à nous. Une lionne et ses petits en train de dîner une carcasse de zèbre. D’autres lionnes à côté se lèchent et se prélassent. Nous ne pouvons rester plus longtemps car nous sommes garés sur du hors piste.
Nous roulons doucement et apercevons un lion. Il a l’air très intéressé par les buffles pourtant costauds. Il vient vers nous et marche sur la piste, Abdala démarre pour le suivre, nous roulons au pas juste derrière lui. Il reprend la direction des herbes hautes, s’assoit, droit, majestueux, il observe.
En face, nous voyons sortir subitement une lionne vers quatre buffles qui se rassemblent aussitôt pour lui faire front. Elle s’enfuit. Les buffles sont dissuasifs, ils sont tellement massifs. Elle part plus loin et le lion la suit. Les quatre mas tondons ont toujours la tête dressée et le regard menaçant dans leur direction. Puis à bonne distance, les deux félins s’allongent dans l’herbe.
Il est tard, nous devons rentrer, nous sommes euphoriques. Nos deux heures de safari furent intenses. De retour à l’hôtel, comme la veille, nous allons nous asseoir sur un énorme rocher qui surplombe la savane. Derrière nous, la terrasse du bar, devant nous, le soleil qui se couche, laissant place à un festival de couleurs oranges, roses, bleues… A nos pieds, quelques mètres plus bas, nous apercevons nos premières hyènes, elles semblent très intéressées par une maman gazelle et son tout petit. La lumière du jour s’éteint, il fait trop sombre pour distinguer, peut être une nouvelle scène de vie sauvage va avoir lieu. Nous n’en saurons rien. Nous repartons vers notre chambre, en attendant l’heure du dîner, le cœur chargé d’émotions.
5ème Jour – 7 octobre
Départ 9h, destination le parc du N’gorongoro.
Journée safari et piste. Le cratère sera pour demain.
Allons nous enfin voir un guépard ?
Nous refaisons un tour auprès de la Seronera. Tout est paisible. Les habitués sont là : zèbres, gazelles, girafes, buffles. Nous apercevons au loin des éléphants. Il est temps de prendre la piste vers le N’gorongoro.
Nous prenons une petite piste qui nous fait traverser des kopje. Le paysage devient aride, peu de végétation, nous roulons longtemps jusqu’à un point d’eau, une sorte de petite rizière. Nous croisons un troupeau de gazelles et un bubale. Au loin, une lionne et deux autres plus jeunes. Ça sent la chasse à la gazelle
La lionne approche, tassée dans l’herbe, premier essai, une gazelle donne l’alerte et tout le troupeau s’enfuit. Tout, sauf une jeunette qui reste là, en toute innocence, là où elle est postée le sol est ras, sans herbe, tout autour l’herbe jaune et verte.
Là où est placée la lionne, elle ne peut pas couper droit sinon elle est à découvert, déjà que le troupeau est parti, une tactique s’impose. Alors elle rebrousse chemin, très doucement, tourne sa tête de temps en temps pour regarder sa future proie, elle fait un grand tour dans les herbes qui la cachent. La gazelle n’a toujours rien vu, elle paître, avance tranquillement. Sa prédatrice ne peut plus l’atteindre, aussi refait elle un tour jusqu’à se trouver à un mètre d’elle à peine et… lui saute dessus ! Pouf ! Nous ne voyons qu’un nuage de poussière, et puis sa proie dans la gueule, elle repart dans les hautes herbes, suivies de très prés par les deux autres jeunes lionnes qui ont assisté à la scène, mais la reine lionne ne partagera pas. La proie est petite et puis c’est elle qui a fait tout le travail.
Après cette grosse dose d’adrénaline, nous roulons, croisons deux lions, on s’arrête pour les observer et puis reprenons la piste.
Vivre une scène de chasse en direct est assez spécial, cela demande beaucoup de patience et d’humilité. Nous observons et nos sens sont en éveil, les animaux nous offrent leur vie, je ne saurais dire ce que représentent pour eux ce véhicule, on ne semble ni amis ni ennemis, nous sommes juste là, ils nous voient, nous sentent, et c’est comme si la voiture faisait partie à part entière du paysage. Evidemment, nous sommes protégés dans ce véhicule, pourtant nous sommes un tout, lié à la nature. Il n’y a pas nous, individus et eux, non il y a nous dans la nature.
Les lionnes sont des reines, je suis vraiment fascinée.
Nous roulons, la brousse à perte de vue. Au loin, je distingue une forme, je ne rêve pas ! je reconnais cet animal, c’est un guépard ! Il est assis sur une petite bute, il scrute l’horizon de parts et autres. Moment d’émotion…
Route longue, poussière, trajet fatiguant jusqu’au Lodge : N’gorongoro wildlife Lodge.
L’hôtel domine la caldera, nous sommes à 3000 mètres. Il fait froid.
Nous quittons Abdala et Juma, nous nous retrouverons à demain 6h pétantes !
Soirée devant le feu de la grande cheminée.
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