6ème Jour – 8 octobre
6h prêts pour le cratère !
Il fait encore nuit et froid. Abdala roule doucement à travers la brume épaisse. Les arbres semblent des fantômes gardiens du parc. Il n’y a que la terre rouge pour se repérer. La descente est abrupte.
Arrivés en bas, nous faisons une halte, on sort de la voiture, paysage magnifique. On assiste à la percée du soleil à travers les nuages bas, impression de voir la naissance du monde.
Nous roulons et croisons buffles, zèbres et gnous par centaine. Ils sont tout autour de nous.
Nous nous arrêtons à côté d’une marre pour prendre le petit déjeuner dans notre lunch box respective. Dans la marre, des hippopotames. Sur le bord, un bébé hippo tout rond qui trempe son museau dans l’eau. Un peu plus loin deux mâles jouent au combat pour une femelle. Avec tous ces animaux autour de nous, le paysage, « paisible » est presque un euphémisme.
Le temps passe, petit à petit le nuages laissent place au ciel bleu et le soleil.
Nous arrivons à proximité d’un clan de lion, certains sont repus, d’autres finissent une carcasse. Une lionne tient à distance des hyènes qui voudraient bien profiter du festin, un chacal s’aventure aussi et des vautours volent au dessus en attendant leur tour.
Très joli spectacle de la lionne et ses petits.
Nous avons un nouvel ami, un jeune lion s’est couché contre la voiture. On avance, il nous suit. On s’arrête, se recouche contre la voiture.
Le cratère fait 267 km de circonférence, nous roulons à travers, longtemps pour repérer un guépard, que nous ne verrons jamais, mais pour compenser, nous avons l’immense chance de croiser un rhinocéros. Les montagnes nous encerclent, sur elles de lourds nuages descendent tels un immense raz de marée, magnifique.
Fin de matinée, il est temps de quitter le parc pour rejoindre le Tarangire.
La route est longue. Nous arrivons en fin d’après midi au Tarangire River Camp qui se trouve au milieu de la brousse et qui domine une rivière à sec.
Notre chambre est une casa au toit de paille avec une immense tente posée sur pilotis.
L’endroit est vraiment superbe ! Par contre les moustiques sévissent, heureusement nous avons le pisssht tueur. Dans un angle, sous le toit, deux petites chauve souris sont accrochées, avec leur gros yeux ronds, il semble qu’elles nous regardent, en vérité, elles se reposent sûrement en attendant la tombée de la nuit.
Je glisse la main dans mon sac à dos et une violente douleur me prend au doigt. Je vois une grosse guêpe sortir. Douleur fulgurante mais heureusement courte, grâce à la pommade tueuse de @%$#£¤ douleur.
Le salon – bar est aussi construit sur pilotis autour d’un énorme baobab, une petite passerelle pour rejoindre la salle de restaurant.
Nous flânons, tranquilles, avec un verre de vin rouge d’Afrique du Sud, on ne peut pas y échapper, la culture ça se pratique.
Nous faisons connaissance avec un couple de lyonnais qui viennent d’arriver, ils ont eu des soucis avec les vols, ils ont mis 30 heures pour venir !!
Le dîner est délicieux. Une fois terminé, nous nous faisons raccompagnés jusqu’à notre chambre par un Massaï qui porte sa lance et une lampe torche, au cas où, en pleine nuit, il y aurait une grosse bête. Il s’amuse à grogner pour nous effrayer.
La nuit a été un peu agitée, comme j’étais couverte avec un tee-shirt à manches longues, les moustiques m’ont attaqué le reste de peau nue : les mains. Le temps d’aller aux toilettes et ils se sont faits un régal de mes chevilles.
7ème Jour – 9 octobre
Dernier jour du safari. Parc Tarangire.
Nous roulons longtemps dans la brousse savanesque arbustive de l’arbre qui fait de l’ombre quand il y a de la lumière de le soleil...
Le paysage est magnifique. Nous croisons des troupeaux de baobabs.
Zèbres, gnous, éléphants paîtrent et s’abreuvent à la rivière d’eau abreuvante et désaltérante qui hydrate tout de le corps de l’animal qui sont plusieurs.
Nous croisons une maman éléphant et son petit d’environ 3 mois. Il est encore un peu bancal sur ses jambes, et ne sait pas quoi faire de sa trompe, il est très attendrissant.
J’observe un jeune éléphant qui souffle le sol avec sa trompe pour découvrir son fruit préféré, qu’il gobe.
Nous roulons au bord de la rivière, nous ne parlons plus, nous apprécions juste l’instant et le spectacle que nous offre les zèbres et les gnous.
Le soleil est déjà haut dans le ciel, il est presque midi, nous devons partir, quitter le parc, et de ce fait, notre safari. Nous sommes un peu tristes, mais un nouveau voyage nous attend.
La pause déjeuner, pour une fois, nos box sont délicieuses et nourrissantes.
En route pour Arusha.
Retour au bureau de l’agence Shidolya.
Nous donnons les pourboires à Abdala, 90$ et Juma, 60$.
Le manager de l’agence Joshua, que nous avions rencontré le premier jour nous avait indiqué, 15 $ par jour pour le chauffeur et 10$ par jour pour le guide. Nous étions partis du principe que, pour ces deux métiers différents, le mieux serait de les payer identiquement. Vu que nous n’étions pas les plus aptes à décider, nous ne connaissions pas les habitudes de l’agence,nous avons préféré suivre les conseils de Joshua. Nous étions finalement un peu gênés de les départager.
En fait, plus tard dans l’après midi, alors que nous venions de terminer notre ballade dans Arusha. Juma est venu nous rendre une visite à l’hôtel, pour gentiment et gêné, nous expliquer que les pourboires étaient égaux. Nous lui avons relaté la raison et je l’ai vu bien contrarié contre Joshua. Il nous demande ce que nous en pensons. Et bien, l’un a l’expérience et l’autre a fait des études, on ne peut honnêtement pas estimer, donc c’est tout naturellement nous lui donnons l’appoint. Nous le rassurons sur ce point, ses compétences et le fait qu’il a eu raison de venir nous voir. Il semble retrouver le sourire, il avait vraiment l’air gêné et contrarié. Nous restons longtemps à discuter de tout et de rien, de nos vies, nos projets. L’heure tourne, cette fois on se dit au revoir pour la dernière fois. Nous communiquerons par mail.
Nous retournons dans notre minuscule chambre. Il y a un carré qui nous sert de toilettes-douche-lavabo. La déco est vraiment pas terrible, mais on s’en fiche pas mal, nous repensons à tout ce que l’on vient de vivre et ce qui nous attend. Nous profitons, simplement d’être ensembles, conscients de là où nous sommes, de cette chance ou autre mot que chacun y mettra.
La nuit tombe et avec elle, arrive la faim.
Ce soir, ce sera le Jacaranda, restaurant conseillé par notre cher guide du routard.
Evidemment, nous sortons de l’hôtel et avons aucun mal pour trouver un taxi.
Restaurant très sympa, agréable. Je prends une spécialité swahili, du Nyama, qui ressemble à un ragoût de bœuf. Boris prend un Mishikaki, un plat Massaï, qui se résume à des brochettes de bœuf parfumées et délicieuses. La Kilimanjaro, une des bières du pays nous accompagne.
A la sortie du restaurant, il fait bien sombre. Les villes ne jouissent pas des mêmes éclairages qu’en France, nous nous dirigeons vers les lumières des voitures au bout de la rue.
Nous apercevons des types qui discutent, adossés à leur voiture. Ils n’ont pas l’air de taxi. Ils nous accostent en insistant un peu lourdement. Je ne vois pas d’enseigne sur le toit des voitures. On va pour prendre l’avenue à pied, lorsqu’un troisième gars déboule, plus calme, à la voix très grave et cassée. Nous finissons par accepter. En vérité, il ne sait pas où se trouve notre hôtel puisqu’il nous arrête au plus chic de la ville. On lui dit que ça n’est pas la bonne adresse mais lui insiste en affirmant que c’est là. On lui répète un peu plus fermement. Finalement, il sort et demande à un type qui lui explique. Notre pseudo taxi a visiblement du mal à comprendre, nous reprenons l’avenue et nous mène enfin à l’hôtel. Je crois que notre clandestin n’était pas très clair, voire un peu défoncé.
Nous sombrons rapidement dans le sommeil, demain le car nous amènera à Dar Es Salaam.
8ème Jour – 10 octobre
Nous revoilà partis à l’aventure. 8h30
Il a l’allure d’un car de chez nous avec le même confort. Il y a juste le pare brise qui est décoré d’un gros impact. Normalement il y a 8 heures de route mais c’est l’Afrique et le voyage a duré une dizaine d’heures. Le chauffeur s’arrête régulièrement pour faire ses courses ou pour celles de ses collègues. Oignons chez l’un, oranges et manioc chez un autre. Je dépose un pote et puis j’en prends un autre au passage. Il y a des arrêts réguliers obligatoires, il faut passer à la pesée des essieux. A chaque arrêt, chaque roulement au pas dans les villes et villages, des types arrivent en courant les bras tendus et chargés de babioles à touristes.
Nous avions eu droit au même cirque à notre arrivée à Arusha. Lorsque vous vous baladez dans la rue, vous avez pleins d’amis qui vous racolent pour diverses affaires.
En ce qui concerne le trajet, il fut long certes, mais n’aurait pas été pénible si le chauffeur ne s’était pas pris d’une passion pour la clim à 14°, j’ai vraiment eu froid.
Lors de nos 15 minutes de pause déjeuner, une grosse averse est tombée, du coup il pleut à l’avant du car, grosse fuite, on se marre tous. Côté fenêtre, j’ai droit à une résurgence d’eau qui m’éclabousse à chaque fois que le chauffeur accélère.
AAAAaaaaah l’Afrique….
J’aperçois Dar Es Salaam, grande métropole faite de hauts bâtiments, de grandes avenues, de quelques bâtisses issues de la colonisation et de beaucoup, beaucoup d’agitation.
Notre car avance très très doucement sur une avenue pour cause d’embouteillage. A notre droite, un camion citerne. A chaque entrée de tuyau, il y a un gars qui récupère l’essence dans un sac plastique en se servant d’une clé à molette pour ouvrir le débit. Le passager du camion est la fenêtre, il les regarde, impassible. Du vol organisé ! hum… drôle de jungle urbaine, maître mot : survie.
Il est environ 19h lorsque nous arrivons enfin. Le temps qu’un porteur de bagages nous emmène au taxi, de négocier la course, nous voilà enfin au Luther House, notre hôtel de deux nuits. L’accueil est particulièrement froid, comme l’air dans le car et… comme l’eau de la douche.
Notre nuit fut bercée par le ventilo la veille et par l’appel à la prière par le muezzin.
La religion catholique et musulmane sont très marquées dans ce pays, aussi, par exemple, faisons nous attention à ne pas nous montrer de marques d’affection dans la rue, car c’est choquant pour les musulmans. Je me souviens avoir lu « glory of god » sur l’écran de veille au bureau de Shidolya. Et, d’ailleurs, notre hôtel est tout à côté d’une église et les gens qui en sortent ont l’air bien pieux.
Dar Es
Salaam
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