9ème Jour – 11 octobre
Nous décidons de passer la journée à Dar Es Salaam. Nous sommes un peu fatigués de courir pour aller d’un endroit à un autre, des transports en commun.
Le petit déjeuner de l’hôtel est assez protocolaire, au lieu d’annoncer son numéro de chambre, il faut aller chercher deux coupons à l’accueil, les ramener au coordinateur du breakfast, puis remplir un cahier : reporter le numéro du coupon, de la chambre, la date du jour, le prénom, nom et signature. Chacun fait sa ligne d’écriture ce matin et pouvons profiter d’un thé, d’œufs aux plats et deux toasts.
Autant souvent c’est un énorme bordel ce pays, autant il y a des choses simples rendues complexes que j’ai un peu de mal à comprendre.
Et puis il ne faut pas se leurrer tout est plus cher et plus compliqué pour le touriste. Enfin, je trouve que l’on s’en sort assez bien finalement avec notre anglais léger (surtout pour moi d’ailleurs). C’est surtout le « plus » cher qui est présent, du moment que tu es touriste, n’importe quoi te fera vendu plus cher qu’aux prix habituellement pratiqués dans le pays. Sans compter les p’tites arnaques de chacun lorsqu’on nous rend la monnaie en shilling sur des dollars.
Nous faisons une longue ballade en ville dans la matinée. C’est très bruyant et agité. Les voitures jouent beaucoup du klaxon pour circuler et les priorités se font souvent au culot. La ville n’est pas faite pour les piétons, les trottoirs quasi inexistants ou souvent occupés par des « petits métiers ». Nous croisons un jeune homme qui prend grand soin de son pèse personne, petit service rendu, sans doute contre quelques maigres shilling.
Hormis le quartier où se situe l’hôtel, qui est un business center, donc assez chic, tout le reste de la vile montre une grande pauvreté.
Nous traversons un immense marché au poisson. Je trouve l’odeur insupportable. Les produits fraîchement (ou pas) pêchés sur grands étalage en plein soleil, sans glace. Certaines odeurs me soulèvent le cœur. Cette chaleur m’écrase,il me tarde de rentrer à l’hôtel pour me reposer. Nous avons également traversé une plage immense et fait le tour de la, tout aussi immense, propriété présidentielle, fermement gardée. Notre déjeuner se fait dans un fast food, économies obligent. Nous passons une bonne partie de l’après midi dans la chambre à farnienter et profiter de la clim. Nos billets de bateau pour Zanzibar sont achetés avec tout l’administratif qui s’impose.
Depuis hier soir, j’aperçois par la fenêtre des sortes de corbeaux qui viennent se rassembler. En sortant sur le petit balcon et en me penchant, j’aperçois une benne remplie d’ordures diverses et variées.
Il est vrai que je dépeins jusque ici une ville bruyante, sale et difficile, mais nous avons aussi rencontré des gens désagréables. Je frôle le cynisme mais c’est le contexte (rupture entre la vie du safari et la vie à la capitale), et puis c’est une question de point de vue, je n’aime pas cette ville (je ne sais pas si ça s’est bien vu…) mais Boris a des termes beaucoup moins forts, il trouve juste qu’elle n’a pas beaucoup d’intérêt. Je n'ai pas facilement de grandes passions pour les grandes villes que je trouve en général plus stressantes et fatiguantes.
10ème Jour – 12 octobre
Pas très bien dormi. Une armée de moustiques m’attendaient à la sortie de la moustiquaire, juste le temps d’allumer la clim et de revenir au camp (le lit), j’avais trois boutons. AAAaaah que j’aime cette pommade à la cortisone. Je languis de partir pour Zanzibar. La saleté et l’agitation de Dar me révulsent.
Nous partons à pied jusqu’à l’embarcation. Fouille des valises, puis file d’attente. Le Spasfon fait effet et mes maux de ventre s’atténuent, puis disparaissent. C’est un peu la cohue pour monter dans le bateau. Il part à l’heure.
C’est sur l’océan indien que nous naviguons… j’ai l’impression de partir pour un nouveau voyage.
Mes molaires baignent pendant le trajet…
Evidemment, pas de précipitation, au lieu des 1h30, la traversée se fait pendant plus de 2 heures, peut être à cause du ciel menaçant. Arrivés à quai jusqu’au bureau du visa, une décision s’impose, la prochaine fois je prendrais un sac de voyage plutôt qu’une valise et surtout moins chargé !
Nous optons pour un taxi, c’est bien plus cher, 40$ mais on a une heure de route jusqu’à Nungwi, le nord de l’île, plutôt que 4 heures en dala dala !
Le dala dala est une sorte de petit camion dans lequel on s’entasse formant deux rangées de sardines face à face. Il s’arrête très souvent et ne prend la route que si il est plein.
Nous arrivons en début d’après midi au Jambo Brothers, l’hôtel. Ali nous reçoit gentiment, ici les gens ont le sourire, y a de quoi, vu le décor. Bungalows aux toits de paille, océan à 50 mètres, sable blanc, eau turquoise et palmiers.
Après un bon déjeuner au resto, nous prenons notre premier bain. L’eau est délicieuse. Puis longue ballade le long de la plage, qui fait tout de même 6 km de long. Des pirogues et barques en bois flottent tranquillement sur l’eau transparente.
Et ainsi passe la journée, paisible, dans un lieu paradisiaque.
11ème Jour – 13 octobre
Nous émergeons doucement du sommeil.
Il est 8h, nous nous habillons et rejoignons les tables face à la mer pour prendre notre petit déjeuner. Puis premier bain de la matinée, très agréable. Le soleil commence à cogner, on part faire une ballade côté gauche cette fois. Les bungalows se suivent sur une bonne partie de la plage. Nous passons par derrière et découvrons des endroits plus sales, des constructions en cours ou en fiche, jusqu’à ce que nous bifurquions vers l’océan et découvrions une plage paradisiaque. On s’y pose, on est seul au monde, le bruit des vagues nous berce et l’ombre des palmers nous protège des coups de soleil. De gros nuages gris arrivent, on fait retour, mais cette fois par la plage. Voilà, on prend le temps, no stress, cool.
Promenade dans le village. Contact avec les habitants très agréable et puis c’est propre contrairement aux alentours où l’on aperçoit parfois des chèvres et des poules au milieu des ordures. Accueil chaleureux des enfants. Nous achetons bananes, oranges et tomates, un petit pain encore chaud. Trouvons un petit supermarché. Vache Kiri et biscuits ferons l’affaire. En fait le supermarché est une grande pièce bien fournie. Il y a même du Nutella (cher !).
Douce fin de journée. Avons assisté au départ des boutres, joli spectacle. Une pirogue amarrée semble flotter dans l’air tellement l’eau est claire. Coucher de soleil. Ballade. La nuit tombe.
A côté de l’hôtel, il y a un boui-boui. Un mec nous accoste et nous propose de manger. Il prend soin d’essuyer la table basse et pose une lampe pétrole. Quatre villageois mangent, je crois qu’ils sont un peu surpris que l’on se joigne à eux mais l’accueil est sympa. Brochettes de bœuf et chappati (pain indien). Deux types nous proposent à Boris de partager avec eux une mixture un peu étrange, une sorte de bouillie blanche insipide. Ils nous expliquent que c’est pour marquer la fin du ramadan. Lorsque Boris me tend la tasse pour que je goute, cela amuse les deux autres, je pense que les femmes ne fêtent pas la fin de journée du ramadan de la même façon. Boris discute pas mal avec un jeune pêcheur, le courant passe bien. La conversation tourne autour du foot, sujet universel qui délie les langues et réunit. A la fin du repas, celui qui nous a servi approche une grosse tasse et nous invite à nous rincer les mains. Je trempe les doigts dedans accompagné d’un « thank you » enchanté. Boris m’explique qu’il faut juste mettre ses mains en dessous et lui verse dessus…. Ah ! Oh ! Sorry ! On rit tous de bon cœur. Après l’immersion l’après midi dans le village, voici une immersion culinaire avec des zanzibarites bien conviviale. Nous sommes ravis. Remerciements, quittons la table. Bière au restaurant, nous retrouvons le serveur du premier jour, qui parle un peu français. Nous nous dirigeons vers l’hôtel d’à côté : bar, musique et touristes. Revenons sur nos pas, deux villageois jouent au billard et d’autres sont accoudés à un bar. Ça fait très « noirs » d’un côté et « blancs » de l’autre, chacun sa soirée. Un peu regrettable à notre goût mais du coup encore + contents d’avoir pu partager des moments avec eux.
Commentaires