Je repense à Fabi, Kamesh, Juma, Abdala, Pascal et Gersende, avec qui nous avons partagé un bout de vie, de forts jolis moments.
Je repense aux enfants de Nungwi et Stonetown, à vivre toujours dans la rue, leur royaume. Je revois leur sourire, leur imitation taquine sur notre façon de parler, leurs jeux, leurs « jambo ! », leurs mains qui nous saluent.
Je repense aux chats, ah oui je n’en ai encore rien dit, mais ils méritent qu’on s’y attarde. Certainement parfois rabroués et chassés, ils n’en restent pas moins les maîtres de l’île. Les chats, à Zanzibar, il y en a partout, dans les rues, les restaurants, sur les ordures, sur le seuil des maisons, sur le port, la plage… Ils sont souvent un peu défraîchis, sales, le poil râpé, borgnes mais la vie est rude en Afrique.
Je revois cet homme en djelabah donner du poisson haché qu’il répartit minutieusement par tas sur des feuilles de journal. Ainsi, sur le trottoir en face de la mosquée, on peut voir un petit monde de félins matins et soirs. Sans oublier la sieste collective qui consiste à s’étaler en ligne tels des pachas repus.
Une ile de chats doit forcément être une île magique. Zanzibar est l’une d’entre elles.
Bye les chats…
… Bye Zanzibar…
Je repense à ces reines de la savane, aux lionnes fascinantes, aux buffles impressionnants, aux zèbres malins, au guépard trop loin mais au souvenir ému, aux éléphants qui ne cessent de m’étonner, aux phacochères trottant et leur queue si droite comme un « i », aux vols des vautours, aux hyènes surprenantes, aux girafes et rhinocéros aux formes improbables et préhistoriques, aux hippopotames si paisibles dans leur marre, aux pélicans et leur chorégraphie volée dans le bleu du ciel, à ce léopard magnifique se prélassant sur un arbre, à tous ces animaux, toutes ces scènes de vie sauvage, à ces paysages sublimes et enivrants, à ces couleurs et ses senteurs qui ne cessent de mettre mes sens en éveil. Je repense à la traversée des pistes en 4x4, à l’attente et la recherche d’animaux, aux surprises… Je repense à cette Afrique que je viens de découvrir, à mon rêve qui dure depuis l’adolescence que j’ai réalisé. Je repense à cette vie si dure et si fragile dont nous sommes les garants de l’avenir. Nous sommes pourtant, je le sais, capables du meilleur…
Je repense à la famille sabots, aux Hemigway, à ce ridicule polonais et son casque de colon, au couple lyonnais qui avait mis 30 heures pour arriver au Tarangire, au groupe du Spice Tour, à tous ces touristes croisés, rencontrés aperçus.
… Bye la Tanzanie…
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